Connect with us
Services

Personne prétentieuse : trompe-t-elle son vrai pouvoir ?

Homme en costume regardant son reflet dans un miroir professionnel

19 % des Français se disent supérieurs à la moyenne. Ce chiffre, tout sauf anodin, ramène chacun à la question du pouvoir réel derrière la façade. L’excès d’assurance n’offre ni garantie d’efficacité, ni prestige durable. Au contraire, il agit souvent comme un écran de fumée, masquant des fragilités que l’on préférerait taire et freinant la dynamique collective. L’orgueil, selon l’époque ou le milieu, change de visage, brouille les repères et laisse parfois un parfum d’incompréhension.

Les dernières recherches en psychologie sociale sont formelles : l’orgueil n’est pas un simple trait de caractère, il pèse sur la cohésion du groupe et façonne notre vision du leadership. Ce n’est pas parce qu’une personne déborde de confiance qu’elle maîtrise mieux son sujet ou possède une réelle autorité.

L’orgueil : comprendre ses racines et ses manifestations

Impossible de parler d’orgueil sans remonter à ses origines. Il s’installe tôt, souvent sur fond de manque ou de blessure ancienne. L’histoire de Rose, quatorze ans, confrontée à la perte de son père, jette une lumière crue sur ce mécanisme. Coupée de ses repères, elle se sent différente, comme à côté de la plaque au lycée. Rapidement, une sorte de cuirasse d’orgueil se forme, une posture défensive que l’entourage lit parfois comme de la prétention, mais qui traduit surtout un besoin de protection face à la vulnérabilité.

On croise toutes sortes de profils orgueilleux. Certains arborent une personnalité narcissique très affirmée, flirtant parfois avec le trouble de la personnalité ou la perversion narcissique. Prenez Regina, dans l’univers de Rose : elle s’érige en chef de meute, impose son autorité, domine les autres à grand renfort d’assurance. L’affirmation de soi se mue alors en domination pure et simple.

Pour mieux appréhender ces nuances, voici les principales façons dont l’orgueil s’exprime :

  • L’orgueilleux affiche une fierté rigide et refuse souvent de reconnaître ses faiblesses.
  • La personne narcissique cherche à briller dans le regard d’autrui, quitte à sacrifier l’authenticité de ses relations.
  • La perversion narcissique pousse plus loin : l’autre devient un simple instrument, la manipulation s’invite dans toutes les interactions.

A l’adolescence, l’orgueil se glisse dans les disputes, les ruptures amicales, les amours ratés, jusqu’à la solitude tenace. Quand la pression du groupe s’intensifie, comme entre Rose et Tracy, l’attitude orgueilleuse devient une planche de salut. Mais elle ne dissimule qu’en surface la fragilité et le besoin d’être reconnu.

Pourquoi l’excès d’orgueil complique-t-il nos relations ?

Au lycée, trop d’orgueil distend les liens. On le voit chez Rose et Tracy : l’une se replie, l’autre cherche l’approbation des populaires. Petit à petit, la distance s’installe, l’amitié se fragilise, remplacée par la méfiance et les rivalités. Ce phénomène n’a rien d’anecdotique. L’orgueil, en accentuant les incompréhensions, transforme la moindre relation en terrain miné.

Les conséquences ne tardent pas : la relation toxique s’installe, portée par les non-dits. Rose s’enfonce dans la solitude, d’autant plus que son frère Peter quitte la maison et que sa mère se ferme. Quand l’orgueil prend le dessus, le dialogue se grippe, la confiance s’évapore. On ne voit plus l’autre tel qu’il est, mais à travers le prisme de ses propres blessures.

Cette spirale attire toutes sortes de dérives : manipulation, emprise, jeux de pouvoir. Regina, toujours prompte à humilier, sait jouer sur ces failles pour imposer son ascendant. Face à elle, l’ado orgueilleuse croit tenir bon, mais s’expose d’autant plus aux manipulateurs pervers. Difficile alors de distinguer la vraie force de la simple façade.

Voici comment ce cercle vicieux s’installe dans les relations :

  • La relation se fige et devient douloureuse.
  • Le harcèlement moral s’immisce, presque invisible.
  • Les victimes s’épuisent à maintenir leur masque, jusqu’à se perdre.

L’orgueil, loin de protéger, isole. Il rend chacun vulnérable à la manipulation et laisse un goût amer d’incompréhension, voire de rupture brutale.

Fierté légitime ou prétention : où tracer la frontière ?

Pour Rose, la différence entre fierté et prétention se joue dans les détails du quotidien. Marquée par le deuil, elle peine à se fondre dans le groupe. Certains la taxent d’immaturité, d’autres reconnaissent chez elle une rare lucidité. Où s’arrête la fierté qui aide à tenir debout, où commence l’attitude qui isole ?

La personne prétentieuse gonfle ses réussites, s’attribue tous les mérites. Regina, encore une fois, illustre bien ce trait : elle rabaisse, écrase, cherche à s’imposer à tout prix. Rose, elle, avance sur une ligne de crête. Sa fierté lui permet de résister à l’humiliation, mais elle risque à tout moment de tomber dans le rejet systématique de l’autre.

Ce tiraillement est courant, surtout chez ceux qui jonglent entre affirmation de soi et crainte d’exclusion. Pour les personnalités très marquées par le narcissisme, la limite s’estompe : l’estime de soi devient quête d’admiration, quitte à écarter, instrumentaliser, manipuler ceux qui ne suivent pas.

Pour clarifier, voici les deux visages de cette tension :

  • La fierté légitime repose sur la connaissance de ses forces, mais aussi sur l’acceptation de ses fragilités.
  • La prétention s’alimente du besoin de briller, quitte à écraser ou ignorer l’apport des autres.

Chez les adolescents, ce balancier ne s’arrête jamais vraiment. Rose, tiraillée entre Regina et Jamie, ressent ce conflit à chaque nouvelle épreuve. Le masque tombe parfois, laissant entrevoir la peur, la sensibilité, l’envie d’être acceptée sans condition.

Femme discutant avec smartphone devant un café animé en ville

Reconnaître et dépasser l’orgueil au quotidien : pistes concrètes pour avancer

L’orgueil s’insinue partout. Chez Rose, il devient réflexe de survie face au deuil et à l’isolement. Au lycée, il se manifeste dans les alliances de circonstance, les paroles coupées, les trahisons silencieuses. Tracy s’éloigne, Regina appuie là où ça fait mal, chacun cherche sa place en jouant des coudes.

Pour sortir de cette impasse, il faut commencer par repérer les signaux : refuser d’admettre ses erreurs, écouter à moitié, minimiser la souffrance de ceux qui nous entourent. L’exemple de Robert, l’ami fidèle de Rose, est parlant. Il essaie d’ouvrir la discussion, d’apaiser. Mais l’orgueil blessé de Rose bloque tout, le dialogue reste au point mort.

Voici quelques repères pour s’en sortir et dépasser le piège de l’orgueil :

  • Accepter qu’un retour, même difficile, aide parfois à grandir.
  • Oser remettre en question ses certitudes sans tomber dans la dévalorisation.
  • Déceler les moments où la fierté sert de cache-misère à la peur ou au sentiment d’injustice.

Le harcèlement moral subi par Rose n’épargne ni la victime, ni l’agresseur : chacun s’abîme dans un excès d’orgueil, jusqu’à mettre sa santé mentale en péril. Insomnies, idées noires, replis sur soi : tout y passe. Quand la psychologie adolescente est secouée, seul un travail de décodage permet de faire la différence entre affirmation de soi et survalorisation. Car la vraie force n’est jamais bruyante : elle se construit, pas à pas, loin des projecteurs.

NOS DERNIERS ARTICLES
Newsletter

VOUS POURRIEZ AIMER